Qu’est que la finance « solidaire » ?

« Finance » et « solidarité » sont deux termes qui semblent a priori totalement incompatibles… Le premier évoque surtout un monde de requins qui se foutent totalement du bien-être des gens. Faire du fric très vite et à n’importe quel prix dans n’importe quoi, tel semble être l’objectif premier du monde de la finance. Le second évoque un monde philanthrope mais il est souvent assimilé à de l’assistanat inutile, à de la charité, qui bénéficie à des gros méchants fainéants.

Bref, parler de « finance solidaire », c’est un peu comme s’il existait un Front National humaniste : on n’y croit pas du tout ! Pourtant, il existe bien des placements financiers ciblés vers des projets à forte utilité sociale et/ou environnementale, dans ce qui s’appelle l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Encore une grosse arnaque de votre banque pour détourner votre épargne ? Non !

Si l’on se réfère à la définition donnée par le CEGES (Conseil des Entreprises, Employeurs et Groupements de l’Economie Sociale), l’Economie Sociale et Solidaire désigne « les acteurs de l’économie constitués par les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations. Ces entreprises ont en commun d’être des sociétés de personnes à but non lucratif (par opposition à des sociétés de capitaux ou de marché) qui produisent des biens, des services et des bénéfices partagés collectivement, d’être dirigées démocratiquement (une personne = une voix dans les instances dirigeantes), avec une libre adhésion de leurs membres à un projet collectif d’entreprise d’utilité sociale.« 

 

Même la Loi de Modernisation de l’Economie (loi LME du 4 août 2008, décret d’application du 18 mars 2009) précise ce qu’est une entreprise solidaire ! Les concepts et les critères de définition ont d’abord été introduits dans la Loi du 19 février 2001 sur l’épargne salariale. Ainsi, la loi LME définit une entreprise solidaire comme une entreprise agréée par l’Etat répondant à l’un des critères suivants :

– soit c’est une entreprise non cotée en Bourse dont au minimum 1/3 des salariés est employé dans le cadre de divers contrats de travail aidés, d’insertion professionnelle, ou qui sont reconnus travailleurs handicapés (personnes en difficulté),

– soit il s’agit d’associations, de coopératives, de mutuelles, d’institutions de prévoyance, ou de sociétés dont les dirigeants sont élus par les salariés, les adhérents ou les sociétaires et dont la moyenne de rémunération des 5 salariés ou dirigeants les mieux rémunérés n’excède pas 5 fois le SMIC,

– soit il s’agit d’organismes dont l’actif (montant de la valeur des titres détenus) est composé pour au moins 35% de titres émis par des entreprises solidaires,

– soit il s’agit d’établissements de crédit dont 80% de l’ensemble des prêts et investissements sont effectués en faveur des entreprises solidaires.

 

C’est pas beau tout ça ? Le terme « solidaire » n’est donc pas un adjectif qui peut être utilisé n’importe comment et pour n’importe quoi ! Pour en savoir plus, allez visiter le site internet de l’organisme Finansol qui est une association professionnelle fédérant des financeurs solidaires et des établissements financiers, dont l’objectif est de développer la solidarité dans l’épargne et la finance.

Elle décerne un label (label Finansol***) qui permet de distinguer les placements financiers solidaires, c’est à dire finançant des activités à forte utilité sociale et/ou environnementale, participant à une économie durable et de proximité, et qui ne peuvent obtenir directement un financement classique (épargne solidaire). 4 grands secteurs peuvent bénéficier de ces financements : l’emploi (insertion par l’activité économique, revitalisation des territoires en difficulté, égalité des chances…), le social et le logement (insertion par le logement, entraide et santé…), l’environnement (filières biologiques, énergies renouvelables, protection de la nature…) et la solidarité internationale (microcrédit, commerce équitable, aide au développement…).

Tout ça vous intéresse ? Restez sur le site internet de Finansol où vous trouverez notamment un guide des activités financées par la finance solidaire, un guide des placements solidaires et un annuaire des acteurs financiers solidaires.

Vous pouvez aussi acheter les numéros consacrés au sujet par la revue Alternatives Economiques. Le n°35 hors-série pratique sur les Placements éthiques et solidaires a largement été consulté pour rédiger cet article.

Enfin, essayez d’abord de bien faire la distinction avec l’Investissement Socialement Responsable (ISR) qui est une autre option qui pourrait vous intéresser pour votre épargne.

 

Du côté de QuetzalNews on continuera à creuser ce vaste sujet !

 

*** Label Finansol : Label d’épargne solidaire créé en 1997 par l’organisme Finansol reposant sur des critères de solidarité (de l’épargne) et de transparence (de l’organisme gestionnaire de l’épargne). Pour bénéficier de ce label, soit l’encours de l’épargne (montant géré par l’organisme gestionnaire à un moment donné) finance au moins à hauteur de 5 à 10 % des projets solidaires, soit au minimum 25 % de la performance de l’épargne (rendement généré par le placement) est versé sous forme de dons à des organismes solidaires tels que des associations (placement de partage). En outre, l’organisme gestionnaire s’engage à informer de manière claire les épargnants (souscripteurs) sur le caractère solidaire de l’épargne et sur l’utilisation qui est faite des fonds. Enfin, il désigne un « correspondant épargne solidaire » qui doit informer ses réseaux de distribution sur les produits d’épargne solidaire proposés et sur les investissements qui sont réalisés. Label différent d’un label ISR (Investissement Socialement Responsable), notamment du label ISR Novethic. Source : site internet de Finansol.

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