Contribution au débat sur l’identité nationale

Le débat sur l’identité nationale semblait a priori sympathique au début mais il est vite parti en vrille et c’est dommage.

Liberté, égalité, fraternité

D’abord, on pouvait se questionner sur « l’identité » tout court : d’où vient notre sentiment d’appartenance à un groupe, à une communauté, à une histoire, à une famille, à un réseau d’amis, à un tempérament, à des valeurs, à une religion, à une ville… ? C’est quoi exactement l’identité ?

C’est pas ça aussi l’identité nationale française ?

Ensuite, non seulement le terme « national » a été rajouté, mais il impliquait forcément « française » dans les esprits. Donc la question était : qu’est-ce qui fait l’identité nationale française ? Et sur ce point, un aspect a été totalement négligé dans les débats, à savoir la diversité culturelle en France et le respect de cette diversité. Est-ce que c’est incompatible de se sentir breton et français en même temps ? Même question pour quelqu’un originaire d’Afrique ou d’Asie qui a la nationalité française. Le rouleau compresseur de l’uniformisation à la française est vite apparu dans les débats. Comment être un bon petit français modèle qui rentre dans le moule ? C’était plus un débat, c’était du lessivage d’esprit !

Et ça, c’est pas français ?

Bref, on est vite arrivé au fameux slogan « La France, tu l’aimes ou tu la quittes« . Désolé, mais le Quetzal aime la France (notamment), mais pas forcément telle qu’elle est. Un passeport avec les mentions « Union européenne » et « République française » est presque parfait. Il manque juste « République bretonne » et on sera d’accord sur le cadre… Par contre sur le contenu, il y a largement de quoi débattre sans avoir à se tirer. A moins d’habiter en Corée du Nord ou en Birmanie…

Enfin, la puanteur totale du débat est arrivée avec la question de l’immigration. C’était plus un débat sur l’identité nationale française, c’était un débat pur et dur sur l’immigration. Comment formater, ou mieux, se débarrasser, de tous ces gens qui nous envahissent ? Au passage, si on veut que le Français reste encore un peu parlé dans le monde, il faut peut-être accueillir avec plaisir et dans de bonnes conditions des immigrés.

C’est à se demander si ce qui fait actuellement l’identité nationale française, son unité, ce n’est pas la haine des autres, qu’ils viennent du village voisin ou de l’autre bout du monde, qu’ils soient riches ou pauvres à partir du moment où ils sont différents. On espère que c’est encore réversible, mais pour l’instant on a l’impression de vivre dans un pays de bourrins qui se feront largement plaisir en votant Front National aux prochaines présidentielles. Qu’ils y aillent : avec un peu de chance, ils finiront par s’entretuer entre eux ! Plein le cul des discussions de comptoirs de bars avec des mecs incultes et fachos qui ne sont jamais sortis de leur bled ! Quand c’est pas les Arabes, c’est les RMIstes ou les fonctionnaires qui s’en prennent plein la tronche. Parce que eux (les philosophes de comptoirs de bars), c’est des vrais bons français, qui travaillent et qui se lèvent tôt, et qui payent pour tous ces fainéants… Les mêmes étaient sans doute du côté du Maréchal Pétain à la dernière guerre mondiale.

En conclusion, même si le Quetzal est toujours content d’être français, et breton, et européen, il a pensé pour vous à une petite chanson de Renaud qui date de 1975 et toujours d’actualité pour contribuer au débat sur l’identité nationale française : Hexagone. Avant de taper sur la tête des autres, faudrait peut-être aussi se regarder de près… Merci Renaud !


Hexagone de Renaud

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