Qu’est-ce que l’Investissement Socialement Responsable (ISR) ?

Quetzal News poursuit pour vous ses recherches sur les placements financiers ou investissements dits « éthiques » ou « responsables ». Rappelons l’objectif : placer son argent et en gagner tout en gardant bonne conscience, et bien comprendre de quoi il s’agit avant d’aller voir son banquier, ce qui n’est pas si facile que ça…

On est en effet rapidement noyés dans plein de termes barbares et on se sait plus vraiment ce que signifient les mots « éthiques », « durables », « alternatifs », « solidaires », « verts », « humains », « responsables » etc. C’est pas un peu du marketing tout ça ? Rien que dans la propre banque du Quetzal (que certains surnomment la « banque verte » ou plus méchamment le « crédit patates » ou « crédit bouse »), le « CODEVI » s’est transformé en « Livret de Développement Durable » (LDD). En quoi et comment on contribue au développement durable avec ce livret ? On posera la question au « crédit patates »…

ISR : Investissement Socialement Responsable

Bref, si vous voulez conjuguer business et éthique, il existe déjà pour commencer l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Qu’est-ce que c’est ? Ce sont des placements financiers qui intègrent des critères d’évaluation Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance d’entreprises cotées ou d’Etats (critères ESG) en plus des critères de performance financière. L’évaluation des performances sociales et environnementales est assurée par des agences de notation extra-financière puis vendue aux gestionnaires de fonds. Sources : Alternatives économiques (hors-série pratique n°35) & Novethic.

En France, l’organisme Novethic, filiale de la Caisse des Dépôts, est un centre de recherche, d’information et d’expertise sur la Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises (RSE) et sur l’ISR. Il attribue annuellement un label (label ISR Novethic) aux organismes gestionnaires de fonds (placements financiers) qui prennent en compte une analyse complète, à la fois Environnementale, Sociale et de Gouvernance (ESG) de leur portefeuille de titres, avec une transparence totale de la gestion des fonds vis à vis du souscripteur.

Label ISR de Novethic (cliquez sur l'image pour accéder au site de Novethic)

Pas trop mal à la tête ? Si vous voulez tout savoir sur l’ISR et la RSE (Responsabilité Sociale ou « Sociétale » des Entreprises : déclinaison du principe de développement durable à l’échelle de l’entreprise), immergez vous dans le site web de Novethic. Vous pourrez notamment accéder à la liste des fonds labellisés (ou pas) par cet organisme et à un glossaire fort utile pour essayer de comprendre tout cet univers de la finance « responsable »…

Dans ce dernier, vous y trouverez également le terme « d’Investissement Responsable et Durable » (IRD) et surtout la distinction très intéressante entre deux catégories de fonds ISR : ceux qui n’excluent pas des secteurs d’activités du portefeuille de titres et privilégient dans chaque secteur, quelle que soit sa nature, les entreprises les plus avancées dans leur démarche sociale et environnementale (ce sont les fonds ISR dits « best in class« , c’est à dire les meilleurs dans leur catégorie), et les fonds ISR « thématiques » qui sont investis dans des entreprises plus particulièrement en pointe sur certains aspects du développement durable (production d’énergies renouvelables, santé, gestion de l’eau et des déchets…), tout en respectant les critères ESG dans le cadre de leur activité. Sources : Alternatives économiques (hors-série pratique n°35) & Novethic.

Missile financé par des fonds ISR "best in class" ?

Concrètement ça implique quoi ? Dans le premier cas (les fonds ISR « best in class »), il ne faudra pas vous étonner si vous investissez en partie dans des titres d’entreprises à la pointe du nucléaire, de l’armement ou encore de l’exploitation pétrolière… Et oui, même dans la production et la vente d’armes, certaines entreprises sont plus performantes que d’autres en terme de respect de critères sociaux, environnementaux et de gouvernance ! Donc précisez bien ce que vous désirez quand vous irez voir votre gentil banquier.

De même, si vous souhaitez placer votre argent dans des fonds thématiques, par exemple dans les énergies renouvelables comme l’éolien ou le photovoltaïque (disons des fonds « verts »), il est bon de vérifier que les entreprises financées répondent bien à des exigences ESG. On peut très bien produire de magnifiques panneaux solaires utiles à la société en polluant l’environnement comme des brutes et en payant ses salariés à coups de triques au fin fond de la Birmanie !

Dernière question qui vient à l’esprit : quels sont ces fameux critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) des entreprises ? Lors de la crise économique récente les agences de notation financière ont beaucoup été critiquées. Est-ce que les choses sont plus claires pour les agences de notation extra-financière ? Ces critères sont-ils les mêmes d’un pays à l’autre ? Par exemple, y-a-t-il des entreprises chinoises qui répondent à ces critères (vous avez tout à fait le droit de vouloir investir intelligemment en Chine…) ? Voici encore un long sujet à explorer pour Quetzal News.

Panneaux solaires socialement responsables ?

Pour conclure, que pense Quetzal News de l’Investissement Socialement Responsable (ou Responsable et Durable) ? Que c’est un bon début pour faire attention à l’utilisation de son argent (essayer d’investir en connaissance de cause), mais que c’est encore un peu « light » par rapport à des investissements ou à des placements dans « l’Economie Sociale et Solidaire » (ESS). Cette dernière fera aussi l’objet de plusieurs articles prochainement (encore un vaste univers à explorer). D’ici là, Quetzal News espère que vous n’aurez plus mal à la tête avec tous les termes barbares qui vous ont déjà été présentés (ISR, ESG, RSE, IRD, ESS)… Toujours envie de vous intéresser à la finance « éthique » ou « responsable » après tout ça ?

 

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