Voile : le Maxi Banque Populaire V à Brest (Bretagne)

Le Maxi trimaran Banque Populaire V à Brest

Loïck Peyron et ses équipiers viennent de remporter le Trophée Jules Verne sur le Maxi trimaran Banque populaire V. Ils ont parcouru plus de 53 000 Kms en seulement 45 jours, 13 heures et 42 minutes : le record du tour du monde à la voile en équipage et sans escale est battu !

Quetzal News vous rapporte de Brest quelques images du fameux bateau et de la ville…

Banque Populaire V à Brest, après plus de 53 000 Kms, en 45 jours, 13 heures et 42 minutes

 

Pour mémoire, et pour prendre conscience des progrès incroyables qui ont été faits en moins de 20 ans, le premier record établi par Bruno Peyron en 1993 était alors de 79 jours, 6 heures et 15 minutes. En 2010, Franck Cammas remportait déjà le trophée sur Groupama 3 en 48 jours, 7 heures et 44 minutes. C’est à se demander si on ne va pas bientôt descendre sous la barre des 40 jours.

 

Le même monstre vu de derrière

Pourquoi s’intéresser à ce genre de défi ? D’abord bien sûr parce que Jules Verne, le tour du monde en 80 jours et les océans, ça fait toujours rêver. Si vous êtes breton et un peu chauvin, il y a peut-être aussi le fait que Jules Verne et Loîck Peyron sont tous les deux nés dans la vraie capitale bretonne : Nantes !

Plus sérieusement, on a un peu tendance à oublier que ces voiliers transformés en Formule 1 des océans n’avancent qu’avec le vent ! Ils sont de plus en plus gros, de plus en plus légers, de plus en plus bourrés d’innovations technologiques… et de plus en plus rapides, mais leur énergie de base, c’est le vent ! La même que celle utilisée par Christophe Colomb pour découvrir l’Amérique il y a plus de 500 ans. Et par bien d’autres bien avant.

Brest, déprimante et attachante à la fois...

Bref, quand certains misent sur le tout nucléaire, les super EPR et sans doute plein d’autres cochonneries qui prennent la planète en otage, ça fait plaisir de voir un vrai défi technologique, une course au progrès, basé sur notre bonne vieille énergie éolienne ! Et bientôt le soleil ou les deux à la fois…

 

Enfin, que dire de Brest, mis à part que le Maxi trimaran Banque Populaire V était là-bas ? C’est une ville qui a été totalement détruite à la seconde guerre mondiale, où il ne fait presque jamais froid (ni chaud), moche en-dehors de sa rade et de ses ports (la place de la Mairie aurait pu être baptisée place Staline par exemple), mais où l’ambiance est extra et les gens particulièrement sympas.

Cul d'Abeille (Bourbon) sur le port de Commerce

Brest, c’est une « ville légo », des cubes, des formes géométriques toutes simples, taillée à la hache, du brut de brut sans aucune finesse ni couleur, ni histoire, une ville posée, empilée, sur une rade 100 fois plus belle qu’elle. Une sale verrue sur la rade ? Il n’y a pas de centre-ville, juste un grand boulevard froid et gris qui s’appelle la rue Jean Jaurès et la rue de Siam. Le seul monument connu du coin, c’est le pont de Recouvrance. Traversez-le et tirez-vous une balle dans la tête ! Les anciens vous parleront sans doute de « Cri-cri » de Recouvrance, probablement la seule et unique prostituée de la ville, déjà en maison de retraite ou morte depuis longtemps d’une bonne pneumonie avec cirrhose. Bon, pour être honnête, il y a cependant le pont de l’Elorn quand on vient de Quimper au sud : l’arrivée sur Brest est toujours un véritable plaisir.

Rayons de soleil sur Brest

On peut y survivre à Brest, mais il faut choisir un appartement exposé plein sud, et surtout pas situé au rez-de-chaussée, si on ne veut pas avoir de gros problèmes d’humidité… Selon le sens du vent, vous pouvez aussi avoir l’impression olfactive désagréable de viande en train de brûler. C’est juste les vapeurs de soja en provenance du port de Commerce qui titillent vos narines…

Pas loin dans la rade vous avez l’un des sites les plus nucléarisés de France avec la base militaire de l’île Longue : sous-marins et missiles nucléaires à volonté ! Si un jour on est en guerre contre quelqu’un, Brest devrait être la première visée par des tirs de missiles ennemis. Quant aux éventuelles fuites radioactives, on n’en parle pas… Mais rassurez-vous, toute la rade et une bonne partie de la ville sont déjà classées « Seveso ». Cela veut dire que sans missile et sans fuite, vu tout ce qui transite par le port comme les engrais par exemple, ou les hydrocarbures, ça peut déjà péter tout seul !

Fest-deiz au Tara Inn

Plusieurs pubs et cafés sont très agréables, en particulier le « Tara Inn » sur le port de Commerce et le « Tour du Monde » au port de plaisance qui vous raviront. Pensez juste à mettre un pull si vous allez en terrasse l’été. Petit détail aussi : la fermeture des bars est à une heure, et non deux heures. Quel bonheur !

Il se passe plein de choses à Brest, tous les 4 ans… Vous avez de la chance, c’est bientôt Brest 2012, le grand rendez-vous international des voiliers qui ne vont plus en mer depuis des siècles. Tenez bon jusqu’en 2016 et vous ne vous ennuierez pas ! Les mêmes voiliers reviendront à coup sûr. Entre temps vous serez sans doute devenu alcoolique… Encore que du bonheur !

 

Fest-deiz au Tara Inn (suite). "Ici, c'est Brest !"

Et malgré tout ça, malgré toutes les méchancetés qu’on a balancées sur elle, Brest est une ville super attachante ! Mais on ne sait pas pourquoi… D’ailleurs même Banque Populaire V est reparti vite fait vers son port d’attache de Lorient. Les rois des mers peuvent-ils aussi déprimer quand ils découvrent Brest pour la première fois ?

 

PS : Pour sortir à Brest, il y a quand-même le Cabaret Vauban, La Carène et le parc des expos de la Penfeld. Ne soyons pas trop injustes ! Et aussi Océanopolis, et d’autres trucs encore à voir… Les bars ferment à 1 heure, mais d’autres ouvrent ensuite : faut juste connaître le circuit. Brest, c’est aussi un point de départ vers les côtes magnifiques du Finistère. Si vous pétez un plomb, prenez simplement un bateau pour l’île d’Ouessant (avec la compagnie Penn ar Bed) ou rejoignez Camaret sur la Presqu’île de Crozon. Si vraiment vous déprimez, foncez sur l’aéroport de Guipavas avec un bon billet d’avion en poche. Brest, vu des Antilles, c’est idéal ! Et pour les footeux, profitez d’une équipe de foot encore temporairement en Ligue 1… Comme ils le chantent si fièrement (et naïvement ?) : « Ici c’est Brest ! ». Brest même ?

 

Miossec parle beaucoup mieux de la ville : Brest, pays de la nostalgie ?

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